La fête de l’agriculture paysanne et du mieux-vivre alimentaire…

… c’est le dimanche 6 juillet 2014 à Loos en Gohelle, entre Lens et Béthune !

1ère fête de l'agriculture paysanne et du mieux-vivre alimentaire

Marché de producteurs, animaux de la ferme, animations pour petits et grands, conférences, musique et spectacles de rue, repas paysan, stands associatifs…
Tout le programme et les infos pratiques ici : http://www.agriculturepaysanne.org/feteloosengohelle

En plus du Pr. Séralini, véritable guest star de l’événement, qui donnera une conférence sur « l’impact des pesticides et des OGM, de la semence à l’assiette », on comptera aussi la présence de Denise et Daniel Vuillon, fondateurs de la première AMAP française en 2001, et Édouard Chaulet, maire de Barjac, commune qui a introduit l’agriculture biologique à la cantine scolaire, faisant l’objet du film « Nos enfants nous accuseront ».

L’agriculture paysanne ?

Les dix principes de l'agriculture paysanneLa première édition de cette fête vise à faire comprendre au public ce qu’est l’agriculture paysanne et comment son développement est crucial pour améliorer, non seulement le sort des paysans, mais aussi (entre autres) la qualité de votre alimentation ! 🙂

Sa raison d’être est de répondre à (au moins) 4 besoins essentiels de la société : besoin alimentaire, mais aussi animation du milieu rural, entretien du paysage et amélioration du cadre de vie, préservation de la biodiversité et de l’environnement naturel. Le tout dans un pays où l’équivalent de la surface d’un département agricole de terres agricoles disparaît tous les deux ans et où les terres sont concentrées au sein de grosses exploitations peu créatrices d’emploi. Dans le Nord, par exemple, mais aussi en Picardie, dans la Beauce, etc., il n’est pas rare de voir un céréalier exploitant seul des centaines d’hectares (et être subventionné par la PAC – Politique agricole commune – proportionnellement à ce nombre d’hectares, quelle que soit la valorisation économique et sociale de ces hectares… mais ceci est une autre histoire qui pourrait faire à elle seule l’objet de longues heures d’écriture).

Le paysan (qui pratique l’agriculture paysanne), contrairement à l’agriculteur soumis aux lois de l’agro-industrie, travaille dans le respect d’une charte qui tente de réunir tous ces aspects. Il ne s’agit pas d’un cahier des charges avec un label comme l’agriculture biologique (pour laquelle un organisme certificateur vient contrôler que l’on respecte bien les règles inscrites au cahier des charges), mais bien d’une charte, encadrant une démarche volontaire de l’agriculteur. Elle montre le sens, la direction à prendre ; elle fournit une grille d’analyse qui permet au paysan de se situer et de cerner les points à améliorer.

Concrètement, cette charte contient 10 principes (ci-dessus), répartis en 6 thèmes, qui sont évalués lors des diagnostics à l’aide de critères et d’indicateurs. On prend donc en compte :

  • Marguerite des 6 thèmes de l'agriculture paysannela qualité des produits ;
  • l’autonomie des exploitations ;
  • le lien avec le territoire et le développement local ;
  • le travail avec la nature ;
  • la transmissibilité des exploitations ;
  • la répartition des moyens de production (les terres, surtout).

Un jour, qui sait, nous publierons un diagnostic du Panier de la Tournichette ! 🙂

Et l’agriculture biologique, dans tout ça ?

Agriculture paysanne et agriculture bio : est-ce la même chose ? Non, pas vraiment… Car si ces deux types d’agriculture se recoupent sur certains points et se rejoignent au sein de certaines exploitations, il faut cependant bien distinguer les deux.

Labels bio français (AB) et européenTout d’abord, comme nous l’avons déjà dit, l’agriculture biologique est définie dans un cahier des charges, appliqué par certaines exploitations, dont les productions sont certifiées par des organismes autorisés (Ecocert, Veritas, etc.). Certains des principes énoncés dans la charte de l’agriculture paysanne s’y retrouvent, notamment tous ceux ayant trait au travail avec la nature et à la qualité des produits. Mais tous les points concernant la vie d’une exploitation, sa taille, son autonomie, sa durabilité, son intégration sur le territoire, etc., sont complètement absents du cahier des charges de l’agriculture bio. En effet, on peut très bien faire du bio industriel, à grande échelle, en exportant ses produits à des milliers de kilomètres et sans volonté de répartition des terres entre tous les paysans !

Quant à l’agriculture paysanne, si elle met en avant la qualité des produits et le travail avec la nature, elle ne se limite pas à l’agriculture bio : on peut être paysan et cultiver en « conventionnel » (non bio), du moment qu’on a le souci de produire localement, équitablement et en respectant les saisons, par exemple ! On préconise de prendre en compte la nature et sa préservation dans la façon de cultiver, mais on ne donne pas de règles précises comme en bio (0 pesticides ou engrais chimiques, nourriture des animaux 100% bio, etc.). D’ailleurs, certains paysans cultivent de la même manière que les agriculteurs bio, sans pour autant être labellisés (le label bio coûte assez cher, précisons-le : quelques centaines d’euros par an pour se faire certifier). Ils ne peuvent donc pas prétendre à l’appellation « bio ». Par contre, rien ne les empêche d’être « paysan », puisqu’il s’agit davantage d’une démarche que d’un état de fait !

Pas toujours facile à comprendre, tous ces concepts, et on pourrait bien sûr en écrire encore des pages et des pages… mais nous espérons vous avoir un tant soit peu éclairé sur leurs enjeux ! Et sur le fait qu’à la Tournichette, il ne nous importe pas seulement de produire bio, même si nous tenons à respecter la terre qui nous nourrit et les personnes que nous nourrissons, mais aussi (et peut-être surtout !) de produire local, dans une exploitation à taille humaine ! Nous voulons être paysans et bio !

Et alors, l’agriculture paysanne, concrètement, c’est qui ?

L’agriculture paysanne, c’est avant tout tous les producteurs paysans qui s’efforcent de donner un visage humain à leurs exploitations et à leur façon de produire et de distribuer leurs produits, en faisant (re)vivre nos campagnes. Pas toujours facile, surtout dans une région où les grandes exploitations céréalières dominent et où la course au foncier dissuade nombre de jeunes candidats à l’installation… Pas toujours facile dans une société où le consommateur sacrifie souvent la qualité au prix, limitant son paysage alimentaire aux supermarchés sans souci de l’origine des produits… Et encore moins dans un monde de plus en plus régi par la standardisation, l’ultra-libéralisation de l’économie et la soumission aux aléas des marchés financiers !

Jeunes paysan(ne)s motivé(e)s, force d'alternatives, réclament l'accès à la terre

Photo par Benoit Kubiak (http://benoitkubiak.com)

Logo du CedapasLogo de la Confédération paysanneLogo de la FADEAREn termes d’organisation, elle est promue en France par la FADEAR (Fédération des associations pour le développement de l’emploi agricole et rural) et fait figure de principal cheval de bataille de la Confédération paysanne, qui se définit elle-même comme un « Syndicat pour une agriculture paysanne et la défense de ses travailleurs ». Elle-même fait partie du mouvement international Via Campesina, qui soutient les luttes paysannes à travers le monde. En région Nord-Pas-de-Calais, la démarche est véhiculée par le Cedapas (Centre d’études pour le développement d’une agriculture plus autonome et solidaire), qui réalise des diagnostics d’exploitations et accompagne la transmission des fermes.

Enfin, elle est relayée par tout un ensemble d’autres associations qui œuvrent et militent dans le même sens : Avenir 59/92 (Association pour la valorisation économique des nouvelles initiatives rurales), qui accompagne l’installation de petites fermes vivables et durables, Terre de liens, qui recherche des terres pour y installer de nouveaux paysans, AMAP 59/62 et le réseau des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysannne), Accueil Paysan, qui regroupe les paysans pratiquant l’accueil du public, l’AFIP (Association de formation et d’information pour le développement d’initiatives rurales), le Gabnor (Groupement des agriculteurs bio du Nord-Pas-de-Calais),  associations réunies dans le réseau InPACT (Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale).

Bon, voilà, beaucoup de sigles et noms barbares à ingurgiter, mais nous ne pouvions nous empêcher de citer tous ceux qui œuvrent pour l’agriculture à laquelle nous croyons ! 🙂

Alors, si comme nous, vous aimeriez retrouver une échelle humaine et une certaine convivialité dans les échanges liés à votre alimentation, rendez-vous dimanche à Loos-en-Gohelle !

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